Ce qu'est la détention administrative, ce qu'il faut dire tout de suite, vos droits au commissariat, et les numéros à connaître avant qu'on vous prenne votre téléphone.
20 avril 2026
Arriver sans autorisation peut conduire à une détention administrative — qui n'est pas une peine — ou à une arrestation et à des poursuites pénales. La détention peut arriver à l'arrivée, quelques jours plus tard, ou juste après l'entretien de premier accueil.
Un centre de détention (« IRC ») n'est pas une prison : on y est retenu à cause de son statut administratif ou en vue d'un éloignement, et non pour punir. Mais il n'y a pas de durée maximale de détention.
Dites dès que possible, y compris pendant l'entretien de premier accueil, si vous avez moins de 18 ans, si vous avez été victime de torture, d'exploitation ou d'esclavage moderne, si vous souffrez d'un trouble psychique ou d'une maladie physique grave ou d'un handicap, si vous êtes enceinte, ou si vous avez subi des violences sexuelles ou fondées sur le genre. Ce sont ces éléments qui font sortir des gens de détention.
Dans un centre de détention, vous avez droit à une représentation juridique dès que possible et à un interprète. Chaque centre a un « Duty Advice Scheme » : environ trente minutes de conseil juridique gratuit. Les cabinets changent selon les jours, alors inscrivez-vous tôt — mais cela ne garantit pas que le cabinet prendra votre dossier ensuite.
Vous ne pourrez en général pas garder votre téléphone, mais vous aurez accès à des ordinateurs et à une messagerie. Avant qu'on vous le prenne, envoyez-vous par courriel vos documents et vos numéros importants, et apprenez par cœur votre adresse électronique et votre mot de passe. Border Force peut fouiller et saisir vos téléphones et vos appareils comme éléments de preuve.
Au commissariat, vous avez droit à un avocat, à un interprète et à un médecin. Ne répondez à rien avant l'arrivée de l'avocat : vous avez le droit de garder le silence.
Les infractions concernées sont celles des articles 24 et 25 de l'Immigration Act 1971, durcis par le Nationality and Borders Act 2022 puis par le Border Security, Asylum and Immigration Act 2025, qui a créé de nouvelles infractions : mettre des vies en danger pendant une traversée, préparer ou fournir des bateaux et du matériel, et faire de la publicité ou organiser des traversées en ligne. Un casier judiciaire n'exclut pas automatiquement du statut de réfugié.
Vous pouvez demander votre libération sous condition (« bail »). Pour une aide gratuite : Bail for Immigration Detainees, 020 7456 9750, du lundi au jeudi de 10 h à 12 h. Pour vérifier qu'un conseil est autorisé : portal.immigrationadviceauthority.gov.uk/s/adviser-finder.
Les numéros à noter avant d'être détenu : AVID 0800 138 6568 ; Detention Action 0800 587 2096 (Harmondsworth, Colnbrook) ; Gatwick Detainees Welfare Group 0800 389 4367 (Brook House, Tinsley House) ; Beyond Detention pour Yarl's Wood 0800 3101 992 ; JRS Detention 07856 309908 ; Solidarity Detainee Support 07438 407570 ; Care4Calais 07482 847775 ; Humans for Rights Network 07506 663089 ; JCWI 0800 160 1004 (lundi, mardi et jeudi de 10 h à 12 h) ; Duncan Lewis 033 3772 0409.
Si vous êtes détenu à l'arrivée au Royaume-Uni, envoyez un SMS au 07482 847775 avec votre nom et votre langue.
Vous pouvez aussi être détenu en vue d'un renvoi vers la France dans le cadre du dispositif de transfert UK/France. Un « Notice of intent » annonce cette intention : c'est un document à montrer immédiatement à un avocat.